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February 06, 2020 - PAR Admin

Lutte contre l'orpaillage dans les forêts classées

KORHOGOPréservation des forêts classées :

La Sodefor démantèle un des plus grands sites d’orpailleurs clandestins dans la forêt classée de Badénou


Aux grands maux, les grands remèdes ! c’est une véritable opération d’envergure qu’a réalisé la direction du centre de gesion SODEFOR de Korhogo. Les 17 et 18 décembre, le commandant Diabaté Alifa, directeur du centre de gestion SODEFOR de Korhogo et ses hommes ont démantelé dans la forêt classée de Badénou, dans le département de Korhogo, un des plus vastes réseaux d’orpailleurs clandestins installés dans le nord du pays. Avec l’aide des éléments du service de contrôle forestier de la SODEFOR venus spécialement d’Abidjan, sous la conduite du Sergent-chef Yao N’dri, l’opération initiée par la direction locale du service chargé de la préservation de la forêt s’est soldée par 13 individus interpellés, 28 machines mises hors d’usage, 04 motos saisies et le site incendié.


 Même si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, le commandant Diabaté est effaré par l’ampleur du désastre causé par les orpailleurs. Ce sont environ 200 ha dans la forêt près du cours d’eau Badénou, non loin du village de Tiébila qui souffrent désormais du passage des destructeurs. L’espace occupé depuis des années est jonché de nombreux trous béants et des troncs des arbres de la forêt classée trainent partout. Une vingtaine de groupes électrogènes sont çà et là pour éclairer ce qui est devenu un véritable gros village avec un marché, des restaurants, et des abris de fortune. Les transactions de l’or recueilli et d’autres commerces de tous genres se déroulent sur un comptoir géant dressé sur une superficie de 10.000 m2. Tout un monde à part.

Cette vaste organisation suscite chez les hommes en garde de la forêt des questions auxquelles il faudra trouver des réponses pour mieux appréhender le fléau. En l’occurrence, les éventuelles complicités dont pourraient bénéficier ces hors-la-loi au sein des populations riveraines, de la chefferie traditionnelle, voire même de l’administration publique ou de l’administration forestière. Pour le commandant Diabaté, le mal est sérieusement profond et nécessite une volonté collective pour aboutir à une éradication définitive. « C’est alarmant. Les sites d’orpaillage clandestin sont malheureusement légion dans le nord et constituent un véritable danger ».

Le spécialiste explique qu’entre autres conséquences, l’on peut citer le déséquilibre de la biodiversité, l’usage quotidien du mercure et du cyanure, deux produits chimiques hautement dangereux qui pourraient contaminer l’eau du fleuve Bandama où se déverse l’eau du Badénou. Il évoque même les effets néfastes sur la couche d’ozone au moment où la terre subit le phénomène mondial du réchauffement climatique. A côté de la destruction de la nature, se développent des fléaux comme la recrudescencedu banditisme, de la prostitution et de la consommation des drogues. En outre, Diabaté mentionne les pertes sèches qui se chiffrent à des milliards FCFA au détriment de l’Etat ivoirien, puisque contrairement aux entreprises d’exploitation légalement installées, aucune taxe n’est versée par les bandits qui opèrent dans ces lieux. « Depuis ma prise de fonction, j’ai fait de la protection des forêts classées mon cheval de bataille. Nous n’allons jamais abandonner la lutte. Jour et nuit, nous serons là pour traquer tous les orpailleurs clandestins. Pour ce faire, nous lançons un vibrant appel aux élus et cadres, pour les exhorter à nous accompagner dans notre mission de protection » ; a annoncé l’homme en treillis pour traduire tout sa détermination. Mais, cette volonté, fusse-t-elle forte pourrait-elle suffire ?